Le management positif : un travailleur heureux fait-il un patron heureux ?

 Dans Belgique, France

Le management a ses modes : fut une époque pas si lointaine où le management brutal, négatif, était la grande tendance. Celle-ci nous venait tout droit d’Amérique, longtemps considérée comme « le » modèle du genre.

Jusqu’à ce que le nombre de suicides dans les entreprises augmente, jusqu’à ce que certaines de ces entreprises soient pointées du doigt pour leurs méthodes internes… 

Depuis, les choses ont un peu évolué.

Et pour le vérifier, il suffit déjà d’observer comment la jeune génération aborde le monde du travail.  Leur crédo est clair : « Je veux faire un travail que j’aime, où je suis respecté, pour un salaire correct ». Ce qui leur apparait comme une évidence se heurte parfois à l’actuelle réalité économique : nos enfants seraient-ils de doux rêveurs ?

Il faut surtout y voir l’expression d’une réaction : ils ont devant eux l’exemple de leurs parents, dont beaucoup ont passé leur vie à se lever chaque jour pour faire un job qu’ils détestent, avec un patron qu’ils détestent et qui le leur rend bien. Pour finalement, tôt ou tard et en particulier ces dernières années, se faire éjecter sans la moindre humanité.

C’est notre réalité, ce ne sera pas la leur.

Et sincèrement, ont-ils tort ?

Notre société est en pleine mutation et pas toujours de manière heureuse, il est vrai. Mais la jeune génération, appelée génération « Y » bouleverse les codes, les habitudes. Et surtout la culture d’entreprise. Aujourd’hui, certains patrons – ceux-là qui justement ont licencié un personnel expérimenté et mature, mais trop cher, à la faveur de jeunes recrues moins chères –  se retrouvent confrontés à un écueil : difficile, très difficile désormais de « fidéliser » un jeune. Surtout lorsque celui-ci connaît sa valeur, et encore plus lorsque ce patron opte pour un management négatif, qui se révèle souvent contre-productif et génère un cercle vicieux dont personne, finalement, ne sort vainqueur.

Fort heureusement les choses sont tout doucement en train de changer. La progression est lente, mais elle est là.

Il y a des exemples américains connus. Ainsi, la célèbre Googleplex, du nom du siège de Google, à Mountain View, Californie. Là-bas, l’innovation n’est pas seulement technologique : elle est aussi entrepreneuriale. Le gigantesque siège social historique de Google ressemble plus à un club de vacances qu’à une entreprise : terrains de volley, de tennis, piscines et salles de sport côtoient avec bonheur les espaces de détentes, fauteuils massant et espaces « zen ». Là-bas, les repas distribués dans les 18 restaurants sont gratuits et les vélos sont à disposition : logique lorsqu’on doit parcourir 20 hectares. Chacun est autonome dans son travail et, peut, s’il le désire, personnaliser son bureau. On y encourage le développement personnel, les idées. Bref, tout est fait pour que chaque salarié soit heureux de se lever le matin pour aller travailler. Chez Google, on a compris que le bien-être au travail augmente la productivité. Et c’est bien évidemment le but visé.

Plus proche de nous, il y a l’exemple des pays scandinaves qui appliquent également le principe de la confiance par la liberté des horaires : ce qui compte c’est d’atteindre son objectif. Là aussi on prône une hiérarchie plus accessible et l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle a énormément d’importance. Le télétravail y est depuis longtemps une habitude. Et ce sont les premiers à avoir compris l’intérêt d’une crèche d’entreprise.

Le modèle scandinave a convaincu certaines entreprises françaises, qui désormais prônent les valeurs plutôt que les « règles », valorisent et font évoluer les compétences plutôt que d’épingler les points faibles. Elles ont adopté un autre langage : on parle d’entretien d’évolution plutôt que d’évaluation. D’ailleurs, on ne dit plus « manager », mais « leader ».  Et ça marche : en adoptant cette méthode, ces entreprises voient leur croissance évoluer positivement.

Le bon « leader » est aussi celui qui sait adapter sa communication en fonction de la personne qu’il a en face lui. En le considérant comme une personne et non un « salaire ».

Bien sûr, ce modèle ne convient pas à tout le monde. Le fait est que certains ne vont pas percevoir les limites de cette bienveillance. Et un chef d’entreprise ne doit – et ne peut- jamais perdre de vue son objectif premier : la croissance économique.

Pour que ça fonctionne, le respect DOIT être mutuel.

Tout cela relève du bon sens : un travailleur heureux dans son job sera forcément plus efficace et performant que celui qui part travailler avec des pieds de plombs.

Mais une chose est certaine : la bienveillance génère de la bienveillance. L’inverse aussi.

Dominique Lemaire

 

Sources :

http://www.actionco.fr/Action-Commerciale/Article/Et-si-vous-adoptiez-un-management-positif–44803-1.htm#dfPtwstFXfGh8mZB.97,

https://www.lesechos.fr/19/08/2011/LesEchos/20998-048-ECH_le-googleplex.htm

http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/c-est-mon-boulot/la-suede-les-recettes-du-bonheur-au-travail_1768237.html

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